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  • das Ganz.

À l'envers, à l'endroit

Est le 9e morceau de l'album Des Visages, des Figures du groupe Noir Désir, sorti en 2001. Hormis les albums live, ce disque sera le dernier du groupe, classé numéro 1 des ventes notamment en France, son morceau le plus célèbre étant Le Vent nous portera, sur lequel apparait aussi le talent de Manu Chao. Ceux qui me connaissent doivent se dire "Ah ben dis-donc, on est surpris d'avoir pas eu du Noir Déz' avant là !"


À l'envers, à l'endroit (2015)

Collage numérique


Mais revenons à nos moutons. Et au morceau qui nous intéresse.

On n'est pas encore revenu du pays des mystères, Il y a qu'on est entré là sans avoir vu de la lumière, Il y a là l'eau, le feu, le computer, Vivendi et la Terre, On doit pouvoir s'épanouir à tout envoyer enfin en l'air…

J'ai réalisé cette illustration en 2015 ; elle fait partie de l'une des rares que j'ai réalisée pendant mes "années pub" (t'avais Les Années Collège, maintenant t'as les années pub, et d'ailleurs, je me regarderais bien cette série à nouveau, ça a du mal vieillir dis-donc ! Bref.). Lorsque je travaillais en agence, je rentrais vidée et je n'avais plus envie de me mettre devant un ordinateur pour mes créations personnelles. Ce qui semble logique, et on se demande tous comment ça se passe alors dans la vie d'un gynécologue. Re-bref. Alors cette illustration a signé je crois, le début du ras-le-bol, le début du je-ne-suis-pas-faite-pour-ça. Une sorte d'exutoire, une image du cul-entre-deux-chaises qu'était ma vie : voulais-je être Pocahontas ou Peggy Olson ? (bien sûr qu'avoir un raton laveur c'est vachement plus cool !)


Fin de l'été 2014, je quitte Strasbourg et son quartier gare et déménage à la campagne pour rénover une maison alsacienne. Une nature merveilleuse m'entoure, c'est une joie pure et simple que d'entendre le chant des oiseaux le jour au lieu de celui du tram, et de voir les étoiles briller la nuit plutôt que l'enseigne du Kebab. On en vient presque à se dire qu'on avait oublié comment c'était.


Tous les matins et tous les soirs, je dois prendre le bus pendant deux fois quarante minutes pour rentrer. Mais ça ne me dérange pas. Bien sûr, cela a ses inconvénients, car j'ai encore besoin de sortir, retrouver mes amis, mes collègues pour aller boire des coups, voir des concerts etc. mais ceci n'est pas le sujet, même si ça m'a beaucoup travaillée.


Je profite donc du temps dans le bus pour m'octroyer du temps pour moi : lire ou écouter ma playlist. Au printemps 2015, je ne sais pas si c'est grâce à mon nouveau casque MP3, mais je redécouvre les morceaux qui ont rythmé mon adolescence. Et puis il y a des Visages, des Figures.

C'est drôle parce que cet album me parlait moins que les autres quand il est sorti.

Mais en vrai je crois que je n'étais pas assez mature pour le comprendre. Ou pas assez intelligente, si si.


Tous les matins, j'écoute alors À l'Envers, À l'Endroit, pendant que je me prépare, puis dans le bus, encore une fois. Tous les matins. Et cela me rend de plus en plus nostalgique, et me donne de plus en plus le vague à l'âme. Parce qu'en fait, Bertrand ne fait que me rappeler ce qu'au fond je pense déjà.

Il pointe du doigt la mondialisation, les requins de la finance, l'automatisation et les journées qui se ressemblent. Jusqu'à la fin. Et me rappelle que moi, au fond, j'en ai plein de le popotin de tout ça.


… Doit-on se courber encore et toujours pour une ligne droite ? Prière pour trouver les grands espaces entre les parois d'une boîte, Serait-ce un estuaire ou le bout du chemin au loin qu'on entrevoit ? Spéciale dédicace à la flaque où on nage, où on se noie…

Les journées, les créas urgentes, les effets wahou et les questions existentielles du genre "on déplace le logo d'1cm ou pas ?" m'épuisent. La publicité commence doucement à m'étouffer. Avec le recul, je crois qu'elle m'étouffait depuis longtemps déjà. Mais la soupape ne pétait pas encore parce qu'il y avait des gens qui m'entouraient que j'aimais beaucoup, que l'agence était sympa et que j'apprenais encore des choses.


Et puis faut bien manger et payer son loyer, me résignai-je. J'ai attendu encore un an et demi et était vouée à exploser.


Et puis j'avais lu un truc qui disait que la vie était le seul brouillon qu'on ne pouvait pas mettre au propre. C'est pour cela que j'ai décidé d'arrêter et de me lancer. Parce qu'en même temps, si y a bien un truc pour lequel on peut être un minimum maître, c'est de sa vie.


…Autour des amandiers fleurissent les mondes en sourdine "No pasaran" sous les fourches caudines…

Je n'ai pas adopté de raton laveur cela dit.


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